Cuir de bar - Copyrights : Marielle Philip / Femer

Quand le cuir fait peau neuve

Le cuir fait peau neuve ! Des artisans et des créateurs du monde entier redécouvrent les vertus de la peau de poisson.

La peau de poisson est un sous-produit de l’industrie de la pêche, souvent destinée à être jetée.

À Puerto Varas, au Chili, Stiven Kerestegian a eu l’idée géniale de valoriser les peaux de poisson pour fabriquer du cuir haut de gamme. Le Chili est le deuxième producteur mondial de saumon d’élevage, une industrie qui génère une énorme quantité de déchets, en particulier les peaux de poisson qui s’entassent chaque jour par milliers dans les bacs des usines. Pour le designer chilien, ces déchets représentent une matière première abondante et précieuse, qu’il transforme en un produit qui a encore plus de valeur au kilo que le filet de saumon. Il crée de beaux chaussons en laine avec des semelles en peau de saumon (sous la marque Chilote), tricotés et assemblés par une trentaine de femmes au foyer. Des chaussons « Made in Patagonia » éthiques, vendus 40 euros dans les boutiques branchées des grandes capitales occidentales.

Pour Stiven Kerestegian, cette peau de poisson possède de nombreuses vertus : elle est économique et permet de fabriquer un cuir exotique élégant et extrêmement robuste, dont la texture souple est très facile à travailler. Surtout, elle est écologique. La peau de poisson est un sous-produit de l’industrie de la pêche, souvent destinée à être jetée. Et, la plupart du temps, ceux qui l’utilisent ont à cœur de mettre en place des processus de fabrication du cuir écoresponsables, avec un tannage 100 % naturel et végétal.

Si Stiven Kerestegian est l’un des exemples les plus représentatifs de cette nouvelle filière, il en existe beaucoup d’autres ! En Thaïlande, où le galuchat (cuir de raie ou de requin) est le plus réputé, et où des femmes tannent la peau de tilapia depuis des années. En Islande, où la tannerie Atlantic Leather transforme les peaux de saumon, de cabillaud ou de perche depuis 1994. Et même en France, où les créateurs sont de plus en plus nombreux à expérimenter le cuir de poisson. À l’image de Femer peau marine, petite entreprise familiale bordelaise, qui s’est inspirée du savoir-faire finlandais pour entamer une « démarche écoresponsable en économie circulaire de production de cuir de poisson ».

Signe des temps, le prêt-à-porter et la haute-couture s’emparent de la « peau marine ». La marque écoresponsable française Veja propose par exemple un modèle de baskets en cuir de tilapia dans sa collection Printemps-Été 2015.

Image principale : Cuir de bar - Copyrights : Marielle Philip / Femer

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