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Recycler l’eau pour préserver la ressource

Selon les résultats d’une étude menée par l’International Food Policy Research Institute (IFPRI) et Veolia, la qualité de l’eau se détériore rapidement dans de nombreux pays.

C’est une étude unique en son genre. Si la plupart des projections concernent la rareté de l’eau, The murky future of global water quality se concentre, elle, sur la qualité de l’eau dans les prochaines décennies. L’étude examine notamment, sous différents scénarios, l’impact de l’augmentation des quantités d’azote et de phosphore sur la ressource eau. Naturellement présents dans l’eau, l’azote et le phosphore sont des nutriments essentiels à la croissance des plantes et aux écosystèmes aquatiques. Néanmoins, en trop grande quantité, ils peuvent nuire à l’homme et à l’environnement. Compte tenu de l’impact croissant des activités humaines et du changement climatique, l’étude prévoit qu’en 2050, une personne sur trois sera exposée à une pollution aquatique liée à l’azote et au phosphore. Heureusement, des solutions existent !

Recycler les eaux usées

Le recyclage des eaux usées des ménages et des entreprises est une première piste. En installant des systèmes de collecte, de traitement et de stockage dans les foyers et les bâtiments, nous pourrions réutiliser l’eau et en améliorer la qualité. Cela permettrait en effet de réduire la quantité de polluants entrant dans les milieux aquatiques dans lesquels les eaux usées sont déversées. À la maison, il s’agit par exemple des eaux domestiques en provenance de la baignoire, de la douche et du lavabo. Ces eaux dites « grises » sont réutilisables ! Pour l’alimentation de la chasse d’eau des toilettes et l’arrosage des plantes, notamment. Au sein des entreprises, on peut aussi valoriser les eaux usées. Par exemple, Disneyland Paris est en train de s’équiper d’une station de recyclage  qui permettrait de réutiliser 740 000 m3 d’eaux usées pour irriguer les espaces verts, nettoyer les voiries ou alimenter les bassins d’agrément...

Une agriculture innovante et durable

L’agriculture est le secteur qui consomme et qui pollue le plus d’eau. Face à une population mondiale estimée à plus de 9 milliards en 2050, elle devra adopter des méthodes plus efficaces et plus durables, afin de produire « un rendement accru pour chaque goutte d’eau » tout en limitant les apports de nutriments. L’étude de l’IFPRI et de Veolia cite par exemple le placement profond de l’urée, qui augmente le rendement des cultures tout en diminuant la quantité de fertilisants utilisés, ou l’usage de systèmes de monitoring de pointe, qui offrent une connaissance précise des besoins de la plante en eau et en engrais. Les agriculteurs pourraient également remplacer les techniques d’irrigation trop gourmandes en eau par d’autres techniques, comme le goutte-à-goutte, qui réduisent à la fois la consommation d’eau et l’apport de fertilisants. Ils pourraient enfin adopter des techniques culturales sans labour, susceptibles de réduire l’érosion et les transferts d’azote et de phosphore par ruissellement...

Si l’étude The murky future of global water quality dresse un constat alarmant quant à la qualité de l’eau dans les prochaines décennies, elle démontre à quel point il est important de traiter cette question en même temps que celle de la rareté. Mieux, elle nous amène à réfléchir à de nouvelles approches pour préserver notre ressource la plus fragile et la plus précieuse.

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