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Renault redonne vie à ses pièces mécaniques

Le constructeur français remanufacture les pièces mécaniques de ses véhicules depuis 1949. Une manière d’inciter l’automobiliste à réparer son véhicule plutôt que de le mettre à la casse.

Conscient de la nécessité d’optimiser la consommation des ressources dans l’industrie automobile, Renault s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche d’économie circulaire. Le constructeur mène une réflexion globale, depuis la conception des véhicules jusqu'à leur fin de vie, afin de réduire sa dépendance aux matières premières et son impact sur l’environnement.

Cette démarche ne date pas d’hier ! Sur le site de Choisy-le-Roi, en région Île-de-France, la production de moteurs remanufacturés a en effet démarré dès 1949. Elle s’est diversifiée au fil des ans pour intégrer six familles de produits. En 2015, 25 370 moteurs, 15 930 boîtes de vitesse et 11 700 pompes d’injection ont ainsi été remis à neuf.

Echange standard

« Le remanufacturing, ou le reconditionnement, […] consiste à remettre en état de marche une pièce, un produit, conformément aux caractéristiques de son état d’origine, » explique la Fondation Ellen MacArthur, qui s’appuie sur l’exemple du site de Choisy-le-Roi pour démontrer l’intérêt de cette démarche. « À titre indicatif, le secteur emploie 350 000 personnes aux Etats-Unis, et seulement 35 000 en Europe pour un parc automobile équivalent. »

Les pièces remanufacturées à l’usine de Choisy-le-Roi sont destinées à la réparation des véhicules en cours d’usage. C’est ce que l’on appelle « l’échange standard » ou « E/S ».

Si vous amenez votre voiture chez un garagiste pour remplacer une pièce endommagée, il vous proposera peut-être une pièce en « E/S ». Outre le fait d’alléger votre facture de 30 à 50%, celle-ci vous offrira les mêmes qualités qu’une pièce neuve tout en bénéficiant des mêmes garanties.

Un immense potentiel

Cette pratique de l’échange standard, ou remanufacturing, présente de nombreux avantages ! D’abord, elle contribue à prolonger la durée d’usage des véhicules et  permet aux automobilistes, notamment les propriétaires des voitures les plus anciennes, de réduire leurs dépenses.. Comme le souligne la Fondation Ellen MacArthur, cela évite dans bien des cas de déclarer des véhicules économiquement irréparables, ce qui arrive quand le montant des réparations nécessaires dépasse leur valeur.

Deuxième avantage, les pièces remises à neuf ne faisant pas l’objet d’un nouveau processus de production, la consommation d’énergie et de matières premières sont nettement moins importants. « Au niveau mondial, l’énergie économisée grâce à l’activité de remanufacturing serait équivalente à la production d’électricité de huit centrales nucléaires. »  À Choisy-le-Roi, la production d’une pièce remanufacturée permettrait d’économiser 80% d’énergie, 88% d’eau, 92% de produits chimiques et 70% de déchets par rapport à la fabrication d’une pièce neuve.

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