Photothèque VEOLIA - Alexis Duclos

Sydney convertit les déchets alimentaires en électricité verte

Dans la banlieue de la métropole australienne, l’unité de méthanisation Earthpower transforme les déchets organiques liquides et solides en électricité verte et en pellets fertilisants.

Cette unité permet d’alimenter en électricité verte près de 3 600 foyers à partir d’une grande diversité de déchets organiques.

Le gaspillage alimentaire est un fléau mondial dénoncé par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Une étude de la FAO datée de 2011 estimait qu’un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine était perdue ou gaspillée.

Ce problème majeur, l’Australie l’a pris en compte avec un objectif affiché de réduction de 50% de son gaspillage alimentaire d’ici à 2030. Parallèlement, des initiatives de collecte et de recyclage ultra-performants des déchets organiques se multiplient.

C’est le cas à Camellia, dans la banlieue ouest de Sydney. Fruit d’une joint venture contractée en 2007 entre Veolia et Transpacific Industries Group Ltd – rebaptisé Cleanaway Waste Management Limited en février 2016 –, le centre Earthpower traite quelque 45 000 tonnes de déchets organiques par an.

Première installation régionale de transformation des déchets alimentaires en énergie, cette unité est exemplaire à plusieurs titres. D’abord parce qu’elle collecte les déchets auprès des foyers domestiques mais aussi des commerces (Sydney Markets, Woolworths Limited…) et de l’industrie ; ensuite parce qu’elle accepte une très grande variété de déchets putrescibles liquides et solides, y compris les déchets humides et classés de l’industrie qui présentent souvent des options de valorisation limités.

De fait, viandes, fruits, légumes, poissons, produits transformés, confiseries, viennoiseries, pains, produits laitiers, produits transformés, liquides et même graisses peuvent être traités par cette installation biomasse qui fonctionne selon le principe de la digestion anaérobie.

Ce processus naturel de dégradation de la matière organique en absence d’oxygène transforme la matière organique en biogaz et en résidus, lesquels sont convertibles en fertilisants. Le biogaz est ensuite transformé en électricité et en chaleur dans une centrale de cogénération. La chaleur produite par la centrale n’est pas perdue puisque elle sert à sécher les pellets de fertilisants issus de ce procédé de méthanisation.

Ainsi les deux digesteurs anaérobies de 4 600 m3 chacun fournissent de l’électricité verte pour l’équivalent de 3 600 foyers ainsi qu’un engrais organique très riche destiné à l’agriculture et à l’horticulture. Mille tonnes par an environ de fertilisant sont ainsi produites sur les 12 600 m2 du site. Quant à la production d’électricité, elle s’élève à 6 800 MWH/an et est revendue au réseau de distribution local.

Les atouts de ce procédé de digestion anaérobie sont multiples par rapport au compostage ou à l’enfouissement : réduction du volume des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre et production d’énergie renouvelable. De fait, ce site de la banlieue de Sydney se présente comme le premier centre régional antigaspi. Un enjeu majeur pour l’Australie, qui ne veut plus être un mauvais élève du gaspillage alimentaire.

Image principale : Photothèque VEOLIA - Alexis Duclos

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