Un vrai travail de fourmi !

Selon une étude parue dans la revue Global Change Biology, les fourmis new-yorkaises sont capables d’avaler l’équivalent de 60 000 hot-dogs en un an.

L’étude montre l’importance pour les urbanistes de bien connaître, et gérer, les écosystèmes urbains.

Les fourmis sont présentes partout dans le monde, ou presque : dans les forêts tropicales, dans les steppes désertiques, dans la savane africaine et bien sûr dans nos jardins. Elles participent à l’équilibre des écosystèmes naturels, notamment grâce à leur rôle de décomposeur (en d’autres termes, elles nettoient la nature !). Mais saviez-vous que les fourmis étaient également très utiles dans nos villes ?

Le Dr. Elsa Youngsteadt et son équipe ont mené une étude intéressante sur la consommation de nourriture des arthropodes à New York ; fourmis, mille-pattes, araignées et autres invertébrés. Après avoir disséminé des restes de junk food dans plusieurs rues et parcs de la Grosse Pomme, les résultats obtenus sont surprenants. D’abord, ces insectes sont voraces. Très voraces ! « Nous estimons que les arthropodes, dans la seule partie médiane du corridor de Broadway à West Street, peuvent consommer entre 600 et 975 kg de nourriture par an – soit l’équivalent de 60 000 hot-dogs, 200 000 biscuits, ou 600 000 chips. ». Quand on sait que les New-Yorkais produisent plus de 40 000 tonnes de déchets par jour, la contribution des insectes à leur diminution est modeste, mais notable. Deuxième constat, les insectes que l’on retrouve sur les trottoirs ingèrent deux à trois fois plus d’ordures que ceux qui vivent dans les parcs, où la biodiversité est pourtant plus importante. Pourquoi ? Parce que la fourmi de pavé, la plus commune à New York mais aussi en Europe, est ultra-efficace pour nettoyer les déchets organiques en milieu urbain. Enfin, les fourmis mangent quasiment autant que les rats. Des déchets avalés par les fourmis, ce sont autant de déchets en moins pour les rats et donc, moins de rats.

Si l’étude du Dr. Elsa Youngsteadt met en évidence les services écologiques rendus par les arthropodes, elle montre surtout l’importance pour les urbanistes de bien connaître, et gérer, les écosystèmes urbains. Une ville qui prend soin de ses citadines à six pattes, favorisera la réduction de ses déchets et de la prolifération des rats, à l’origine de nombreux problèmes sanitaires. Une piste à explorer, tant les exemples de ces petites bêtes qui agissent dans l’ombre des gratte-ciel pour notre bien sont nombreux et insoupçonnés.

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