Greensburg City

Ville de Greensburg, Kansas : histoire d’une résilience urbaine

Dévastée par une tornade en mai 2007, cette ville du Kansas s’est totalement reconstruite autour du développement durable.

Résiliente, créative et durable dans sa reconstruction : c’est le choix qu’a fait la petite ville rurale de Greensburg, dans le Kansas, après la tornade dévastatrice de 2007.

Le 4 mai 2007, au cœur du Kansas, une tornade détruit 95 % de la petite ville de Greensburg et du comté du Kiowa. La ville rurale de 1 400 habitants est dévastée, humainement et matériellement. Quelques semaines seulement après le drame, les instances locales et les habitants se réunissent pour évoquer la reconstruction. Une idée germe dans la tête d’un résident, Daniel Wallach : et si la ville choisissait de se reconstruire en devenant un laboratoire de développement durable ?

L’association Greensburg GreenTown qu’il fonde dans la foulée va être l’un des moteurs de cette reconstruction verte. Un plan ambitieux est promulgué dès septembre 2007, soutenu par les autorités locales et nationales, dont la FEMA, la Federal Emergency Management Agency. La ville se reconstruit peu à peu en vert, à commencer par une dizaine de nouveaux bâtiments publics labellisés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Cette certification écologique internationale initiée en 2000 par l’US Green Building Council valide la durabilité des bâtiments, leur efficacité énergétique et leur caractère écologique. Le Centre d’art 5.4.7 sera ainsi le premier bâtiment LEED Platinum du Kansas, soit le niveau le plus exigeant de la certification. Suivront la mairie, l’hôpital, l’école et des unités industrielles.

Après avoir subi une terrible catastrophe naturelle, la ville cumule petit à petit les bons points : elle est aujourd’hui celle qui comprend le plus de bâtiments certifiés LEED par habitant aux États-Unis. Elle est aussi la première qui utilise des LED pour tous ses lampadaires urbains, avec pour conséquence positive une baisse massive de son empreinte carbone. Treize bâtiments ou infrastructures LEED lui ont fait économiser près de 200 000 dollars par an en dépenses énergétiques.

A Greensburg, le vent est devenu la principale ressource de la ville

L’ironie du sort, c’est que le vent qui a détruit la ville en 2007 est devenu sa principale ressource. Produite exclusivement par des énergies renouvelables, l’électricité de la ville est majoritairement issue de l’éolien. Une vaste politique visant à économiser l’eau a été mise en place : généralisation des installations à faible débit, collecte des eaux de pluie pour l’irrigation des champs et les toilettes. Une collecte individuelle et sélective des déchets sur les trottoirs a été généralisée.

La ville a démontré une incroyable créativité dans la résilience. Car en repensant son espace urbain et son architecture, elle a aussi repensé son mode de vie : création d’un parc holistique, d’une piste cyclable, de zones piétonnes, multiplication des jardins partagés, fonctionnement participatif avec de nombreux débats sur la vie de la cité, réhabilitation du silo à grain qui avait été épargné par la tornade pour en faire un espace d’accueil et un bed & breakfast, création du Big Well Museum consacré aux initiatives durables, exposition d’habitats écologiques, comme le projet The Chain of Eco-Homes lancé en 2009.

L’histoire de Greensburg est si emblématique qu’elle a séduit jusqu’à la superstar Leonardo DiCaprio, très engagé en faveur des questions environnementales, qui a cosigné une série TV sur la reconstruction de la ville. Sur le terrain, la ville continue de s’écrire en mode « sustainable ». Sa devise « stronger, better, greener » sonne comme la preuve que la résilience urbaine n’est pas un concept abstrait.

Très fière de son nouveau visage et de son caractère exemplaire, Greensburg ‒ via l’association GreenTown ‒ a même développé un tourisme écologique et propose désormais un Green Tour pour raconter toute son histoire !

Image principale : Greensburg City

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