Photothèque VEOLIA - Christophe Majani d’Inguimbert

À Windhoek, on n’a pas d’eau mais on a des idées

À Windhoek, chaque goutte d’eau compte. C’est d’ailleurs la devise de WINGOC, qui gère l’une des seules usines au monde à produire de l’eau potable à partir d’eaux usées.

Conscients que les ressources en eau de leur pays sont limitées, les habitants de Windhoek ont depuis longtemps accepté de consommer de l’eau recyclée.

Située dans le centre de la Namibie, l’un des pays les plus arides d’Afrique, Windhoek vit sous la menace permanente d’une pénurie d’eau. Dans la capitale namibienne, peuplée de 250 000 habitants, chaque goutte d’eau compte. C’est la raison pour laquelle la municipalité a construit dès 1968 l’usine de recyclage des eaux usées de Goreangab. Ce faisant, Windhoek est devenue la première ville au monde à produire directement de l’eau potable à partir des eaux usées municipales. Cette solution unique lui a permis d’offrir à sa population une source d’approvisionnement en eau supplémentaire depuis plus de 30 ans.

Dans les années 1990, face à une forte croissance démographique, la municipalité de Windhoek doit moderniser ses installations. En 2001, elle signe un contrat d’exploitation et d’entretien avec WINGOC (pour Windhoek Goreangab Operating Company), un consortium composé de Veolia, Berlinwasser International et WABAG, afin d’améliorer les procédés de traitement de l’eau et d’augmenter la capacité de production du site de Goreangab. Mise en service en 2002, la nouvelle usine permet aujourd’hui de satisfaire 35 % des besoins en eau potable de la ville et son agglomération, alimentant près de 300 000 personnes grâce à une capacité de 21 000 m3 par jour. Cette eau, qui provient du barrage de Goreangab et de la station d’épuration de Gammans, subit un processus de traitement très complexe. WINGOC a adopté une approche à barrières multiples, un système de pointe qui consiste en plusieurs étapes de traitement destinées à éliminer tous les polluants et les contaminants. Ces différents traitements, couplés à des programmes de biosurveillance rigoureux, garantissent une eau potable de qualité, sans danger pour la santé.

Si le recyclage des eaux usées permet d’augmenter la quantité d’eau potable disponible, il présente aussi un double avantage pour l’environnement : cela évite de puiser dans les ressources naturelles tout en réduisant significativement les rejets de polluants dans le milieu naturel.

Conscients que les ressources en eau de leur pays sont limitées, les habitants de Windhoek semblent avoir fait leur la phrase attribuée à Lucas van Vuuren, précurseur dans le domaine de la réutilisation des eaux usées : « L’eau devrait être jugée non pas sur son histoire, mais sur sa qualité. » Ils ont depuis longtemps accepté l’idée qu’une partie de l’eau qu’ils consomment est recyclée. Mieux, ils en sont fiers ! Peu d’usines au monde produisent de l’eau potable à partir d’eaux usées. Il en existe une à Singapour et une autre a été inaugurée en 2014 aux États-Unis, dans l’État du Texas. Et ce n’est qu’un début. L’usine de Goreangab en Namibie est la plus ancienne et la plus grande au monde. Elle est devenue une référence internationale, un modèle de gestion innovante et durable de l’eau et un exemple de partenariat public-privé réussi. À Windhoek, on n’a pas d’eau mais on a des idées.

Image principale : Photothèque VEOLIA - Christophe Majani d’Inguimbert

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