Crédit : La REcyclerie

Conférence à La REcyclerie : comment créer des boucles locales d’économie circulaire ?

Pour sa troisième conférence à la REcyclerie, Veolia a abordé un enjeu clé de l’économie circulaire : connecter les acteurs d’un territoire pour créer des boucles locales. En la matière, la France fait figure de bonne élève.

Depuis mars 2016, La REcyclerie a lancé « L’Europe des possibles », un programme de conférences qui met en avant les initiatives des pays européens en matière de développement durable. Au mois de juillet, la France est mise à l’honneur.

Partenaire principal de ce programme et de la REcyclerie, la fondation Veolia a mis en place un cycle de cinq conférences dédiées à l’économie circulaire. La troisième édition a eu lieu le mardi 12 juillet et a abordé un enjeu clé : comment mettre en relation les acteurs pour créer des boucles vertueuses à l’échelle d’un territoire ? Retour sur les grandes lignes de la conférence.

Optimiser les ressources

En seulement quelques décennies, la démographie mondiale a explosé. Nous sommes à ce jour 7 milliards d’habitants sur Terre et devrions passer à 9 milliards au cours du 21e siècle. Or, qui dit augmentation de la population, dit augmentation des besoins en ressources. Et c’est là tout le problème : les ressources naturelles ne sont pas infinies. Certaines, comme les terres rares ou l’argent, sont déjà presque épuisées.

La bonne nouvelle c’est que, si ces ressources se raréfient dans la nature, elles sont présentes dans les objets que nous avons déjà produits. Dans le schéma classique de l’économie linéaire, ces derniers finissent dans les déchetteries lorsqu’ils sont usés ou cassés. Nous devons donc apprendre à voir en nos déchets une formidable source de matières premières. De même, nous devons nous efforcer de récupérer les énergies fatales ou encore de recycler les eaux usées. C’est tout l’enjeu de l’économie circulaire : faire en sorte que les rebus des uns deviennent la matière première des autres. Il s’agit du moyen le plus efficace d’optimiser les ressources et d’en prélever ainsi le moins possible sur la planète.

Faire parler les acteurs entre eux

Transformer des déchets en matière première n’est pas aussi simple qu’il y paraît. L’enjeu prioritaire n’est pas technique, car les solutions de recyclage des déchets sont aujourd’hui bien maîtrisées. En revanche, il faut aussi savoir identifier qui est en mesure de réutiliser ces matières premières secondaires.

Le défi principal est donc de mettre les acteurs en relation : identifier d’une part ceux qui produisent de la matière secondaire à partir de leurs déchets, et d’autre part ceux qui pourraient la récupérer et à quelles conditions. Pour cela, une seule solution : le dialogue.

En règle générale, c’est à l’échelle locale que celui-ci a le plus de sens. D’une part, parce que la proximité géographique est plus favorable à la rencontre et à l’échange. D’autre part, parce que cela est souvent plus rentable écologiquement et économiquement. En effet, s’il s’agit de faire un transfert de matière ou d’énergie, cela n’a aucun sens d’organiser un transport vorace en énergie et générateur de CO2 sur des milliers de kilomètres.

Dans le nord de la France : un cas concret de boucle locale

À Arras, dans le nord de la France, Veolia a participé à la création d’une boucle locale vertueuse entre un centre aquatique et l’usine de traitement des eaux usées de la ville, distants de seulement 400 m.

Les eaux usées ont un potentiel calorifique important, car l’activité des bactéries qui y sont présentes génère beaucoup d’énergie. Pour valoriser ce potentiel, Veolia a mis au point Energido, une innovation qui permet de récupérer l’énergie des eaux usées pour chauffer des bâtiments ou des équipements.

Cette solution a été mise en place à Arras en 2012. Elle couvre aujourd’hui 75 % des besoins en chauffage du centre aquatique de la ville et lui a permis de réduire de 60 % ses émissions de gaz à effet de serre, ainsi que le montant de sa facture énergétique.

Energido a depuis été déployé dans d’autres villes de France, notamment au sein d’un bâtiment industriel ou encore sur le site de la piscine du Cercle des nageurs de Marseille.

L’impulsion de la règlementation

Dialoguer est fondamental pour mettre au point des boucles locales rentables et efficaces. C’est pourquoi des normes règlementaires ont été mises en place depuis quelques années au niveau de l’Union européenne, du G7 et des pays. Elles permettent de fixer des objectifs et de lancer des dynamiques.

La France, notamment, est très avancée sur la question grâce au travail de l’Institut de l’économie circulaire. Celui-ci a lancé en janvier 2016 le Programme national des synergies inter-entreprises (PNSI). Testé dans 4 régions pendant deux ans, il consiste à organiser des ateliers de travail avec une quarantaine d’entreprises dans chaque région. Le but est de recueillir des informations utiles auprès des différents acteurs locaux, afin de favoriser les synergies. Il peut s’agir d’échanger des flux (énergie, déchets, matières premières) ou encore de mutualiser des ressources matérielles (logistique, coproduits) et immatérielles (expertise, services). Les résultats sont très encourageants et le programme devrait se poursuivre massivement sur le territoire dans les années à venir.

En conclusion

Pour créer des boucles locales d’économie circulaire vertueuses, le dialogue est indispensable. En France, les fondamentaux sont en place et les premiers résultats sont encourageants, mais le plus grand défi est maintenant de passer à grande échelle. C’est un challenge qui nécessite l’engagement de chacun : les entreprises, les organisations publiques ainsi que les citoyens.

Image principale : La REcyclerie

comments powered by Disqus