La REcyclerie

Conférence à La REcyclerie : l'économie circulaire au service du climat

Pour sa quatrième conférence à la REcyclerie, Veolia a abordé un sujet majeur : comment l’économie circulaire peut aider à lutter contre le changement climatique ? Découvrez les enjeux et quelques pistes de solutions.

Depuis mars 2016, la REcyclerie a mis en place un programme de conférences qui met en avant les initiatives des pays européens en matière de développement durable : « l’Europe des possibles ». Partenaire principal de ce programme et de la REcyclerie, la fondation Veolia a organisé un cycle de cinq conférences dédiées à l’économie circulaire. La quatrième édition a eu lieu lundi 26 septembre sur un enjeu majeur: comment l’économie circulaire peut servir le climat ?

Cette conférence a été animée par Bénédicte Niel, membre de l’association CliMates, un think-tank de jeunes issus de tous pays, engagé dans la lutte contre le changement climatique.

À quelques semaines de la COP22, la fondation Veolia souhaite particulièrement s’adresser aux jeunes en leur donnant les clés d’une économie plus responsable.

La Terre se réchauffe

Certains gaz dits « à effet de serre », majoritairement le CO2 et le méthane, piègent la chaleur dans l’atmosphère, ce qui provoque  un changement climatique. Depuis 150 ans, la quantité de ces gaz a fortement augmenté sur la planète, principalement du fait de l’activité humaine. La combustion des énergies fossiles – utilisées dans de nombreux procédés industriels – et la culture intensive des sols sont à l’origine de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. Le méthane quant à lui, est généré en grande quantité par les activités d’élevage et par la décomposition des déchets.

Le résultat est préoccupant: depuis le milieu du XIXe siècle, la température augmente inexorablement sur Terre.

Changement climatique: il est temps d’agir

Selon Emeric Fortin, chercheur et professeur à l’École des Ponts, une chose est sûre: il faut agir !

Dans un contexte où nous n’avons pas de certitude sur l’évolution du changement climatique, deux options efficaces s’offrent à nous : les « stratégies sans regret » et l’économie circulaire.

Les « stratégies sans regret » regroupent toutes les actions qui sont menées pour réduire l’impact de notre activité sur l’environnement et qui représentent dans tous les cas un gain : baisse des coûts, création d’emploi, etc. Quelle que soit l’évolution du changement climatique, il s’agit de mesures utiles et rentables.
Par ailleurs, l’économie circulaire permet de créer des boucles vertueuses au sein d’un territoire. Il s’agit par exemple de récupérer le biogaz des centres d’enfouissement technique ou la chaleur fatale des usines pour les transformer en énergie au profit d’acteurs situés à proximité.

Le recyclage : une voie circulaire pour atteindre les objectifs de la COP21

Lors de la COP21, la communauté internationale s’est accordée pour contenir le réchauffement climatique global de la planète en-deçà de 2°C. Pour atteindre cet objectif, le GIEC a calculé que nous ne devrions pas extraire plus de 20% des ressources naturelles de la planète, et en conserver 80% dans leur environnement naturel.

L’économie circulaire contribue à cet objectif : pour extraire le minimum de ressources, le concept est de recycler ou de valoriser nos déchets. Pourtant, sur les 4 milliards de déchets produits chaque année dans le monde, 25% seulement sont aujourd’hui valorisés. Une donnée désolante lorsqu’on sait que 80% du contenu de nos poubelles sont recyclables. Heureusement, certaines initiatives ouvrent la voie...

L’exemple de Rostock : recycler les bouteilles en plastique pour réduire les émissions de CO2

À Rostock, en Allemagne, une usine a mis au point un procédé innovant de recyclage des bouteilles en plastique. Les bouteilles sont triées par couleurs, broyées pour obtenir des paillettes de PET puis lavées. Un procédé mécanique et chimique de récupération les rend aptes à un nouvel usage alimentaire. Elles sont ensuite conditionnées et envoyées aux fabricants qui les transforment alors en nouvelles bouteilles.

Cette solution est particulièrement utile car la production du plastique est très nocive pour l’environnement : elle nécessite une grande quantité de pétrole qui en brûlant, génère beaucoup de CO2. Par ailleurs, la matière plastique met plus de 4 000 ans à se dégrader dans la nature.

Au total, l’usine de Rostock recycle chaque année 1 milliard de bouteilles en plastique. Cela représente une économie de 31 000 tonnes de pétrole, soit 113 000 tonnes de CO2 évitées. C’est l’équivalent de l’émission annuelle de 20 000 Français. Ce résultat est rendu possible car l’usine dispose d’un approvisionnement suffisant. Les Allemands font en effet partie des meilleurs élèves d’Europe : 65 % de leurs déchets sont recyclés.

Des solutions circulaires à l’agenda des solutions de la COP21

Pour que l’économie circulaire puisse avoir un véritable impact sur le climat, elle doit être déployée à grande échelle. En 2015, trois mesures proposées par l’Institut de l’Economie circulaire ont été inscrites à l’agenda des solutions de la COP21 :

  • Développer des plateformes de coopération internationale. À l’image de ce qui a été fait pour le climat à l’échelle mondiale, il est urgent d’avoir une forte coopération sur les sujets de la gestion des ressources et de l’économie circulaire.
  • Adapter la fiscalité. C’est l’un des leviers majeurs pour favoriser le changement des comportements. Sur l’exemple de la taxe carbone ou de la taxe sur l’enfouissement, il s’agit d’imposer les activités polluantes et d’alléger les taxes sur les activités vertueuses.
  • Enclencher des stratégies territoriales. L’économie circulaire s’inscrit dans la proximité. Elle se développe en grande partie au niveau local puisqu’il s’agit de faire des transferts d’énergie entre des acteurs géographiquement proches. À ce titre, la commande publique est très importante pour faire émerger une véritable écologie industrielle et faire coopérer les entreprises sur un même territoire.

L’enjeu de la responsabilité citoyenne

Pour conclure la conférence, Bénédicte Niel a partagé l’expérience de l’association CliMates. S’interrogeant sur leur responsabilité personnelle, les membres de l’association ont conclu que la première action en tant que citoyens était de se renseigner sur la teneur de leur propre empreinte environnementale. « S’informer sur son mode de vie, c’est déjà prendre sa responsabilité en main » a-t-elle précisé.

De quoi nous rappeler que l’économie circulaire est l’affaire de tous et que le changement doit avant tout être porté par les citoyens...

 

Image principale : La REcyclerie

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