Flowerball, l’idée lumineuse d’Heath Nash

L’artiste et designer sud-africain Heath Nash valorise les déchets plastiques en luminaires upcyclés. Son modèle phare : une lampe boule décorée de centaines de fleurs en plastique recyclé.

Que représente pour vous une bouteille de lait vide ? Certainement pas grand-chose, si ce n’est un déchet plastique… Heath Nash, lui, voit dans cette bouteille de lait vide des abat-jours de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles.

Le jeune designer basé à Cape Town est passionné par l’origami – l’art du pliage du papier – depuis sa plus tendre enfance. Après des années d’expérimentation avec différents matériaux et procédés en utilisant la méthode essai-erreur, il met au point une technique de fabrication d’abat-jours, non pas en papier mais à partir de panneaux de polypropylène, une matière thermoplastique recyclable. Le résultat est réussi, mais il manque un petit quelque chose à ses créations : un ancrage local. Heath Nash va alors mener une réflexion sur l’identité de son pays et sur les éléments qui représentent le mieux l’art en Afrique du Sud. Qu’est-ce qui fait qu’une lampe est une lampe sud-africaine, finalement ?

En 2005, il rencontre Richard Mandogwe, un autre artiste sud-africain, qui vend de jolies fleurs fabriquées avec des bouteilles en plastique recyclé et du fil de fer. C’est le déclic ! Heath Nash décide d’abandonner le polypropylène pour le remplacer par des déchets plastiques et commence à récupérer des centaines de bouteilles de lait, de shampooing et de lessive usagées. Réunies dans son atelier, elles sont triées, lavées, soigneusement découpées et pliées à la main pour former des pétales, des feuilles ou des papillons assemblés sur une armature en fil d’acier galvanisé. Cette nouvelle approche permet à Heath Nash de développer une esthétique sud-africaine engagée, combinant un design contemporain, des matériaux typiques utilisés dans l’artisanat local et des procédés traditionnels, comme le travail du fil de fer et le réemploi des matériaux. Dès lors, les commandes affluent du monde entier !

Le fastidieux travail de ramassage des bouteilles est désormais confié à Poise, une entreprise sud-africaine qui collecte, lave, coupe et plie les différentes petites pièces en plastique dont Heath Nash a besoin. L’artiste est fier : il offre des emplois à des ouvriers locaux, il crée des débouchés économiques tout en faisant la promotion du recyclage. Ils sont nombreux, en Afrique du Sud, à penser que la créativité peut alimenter la révolution économique du pays, et Heath Nash et ses créations nous prouvent qu’ils ont raison.

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