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La pollution transformée en encre pour les artistes

Une start-up indienne a inventé la première encre créée à base de pollution. À Hong Kong, Tiger Beer l’a mise à disposition des artistes urbains pour promouvoir des créations plus responsables.

Un stylo de 30 ml contient la pollution dégagée par 40 min d’activité d’un moteur diesel.

La pollution de l’air fait partie des fléaux du xxie siècle : une récente étude de l’OMS établit que 92 % de la population mondiale respire un air ambiant pollué. Parmi les zones les plus touchées, l’Asie tient le haut du pavé. Heureusement, de nombreux acteurs commencent à se mobiliser, y compris là où on s’y attend le moins.

En juin 2016, par exemple, Tiger Beer – l’emblématique marque de bière implantée à Singapour – a lancé une opération surprenante : fournir aux artistes de street art une encre à base de pollution atmosphérique.

Un dispositif innovant de piège à particules

Le brasseur s’est associé à la start-up indienne Graviky Labs. Celle-ci a travaillé pendant trois ans à la conception d’une technologie de piège à particules. Le système se fixe sur les pots d’échappement des véhicules (voiture, scooter, bateau, etc.) ou sur les cheminées des usines. Il permet de récupérer 95 % de la pollution (CO2, suie, carbone…) émise par la combustion du carburant.

Le carbone est ensuite séparé des substances cancérigènes et des métaux lourds, puis combiné à des huiles végétales. Le mélange constitue une encre de parfaite qualité, similaire à celle que l’on trouve dans le commerce et surtout inoffensive pour la santé.

Le liquide – nommé Air-Ink – est ensuite disposé dans des stylos, pots de peinture et aérosols. Graviky Labs estime qu’un stylo de 30 ml contient l’équivalent de la pollution dégagée par 40 min d’activité d’un moteur diesel.

Entre les mains des artistes

En juin 2016, Tiger Beer a lancé une vaste opération de promotion dans les rues de Hong Kong. Neuf artistes locaux ont été invités à utiliser Air-Ink pour créer de gigantesques fresques d’art urbain. À cette occasion, 150 litres d’encre ont été utilisés, soit l’équivalent de 2 500 h d’émissions de carbone.

L’objectif de l’exercice : sensibiliser les habitants à la problématique de la pollution atmosphérique, mais aussi proposer aux artistes un nouveau matériau leur permettant de réaliser des œuvres responsables. Une innovation particulièrement appréciée en Chine où l’encre détient une valeur symbolique forte depuis des millénaires.

Ces produits sont pour le moment réservés à des performances artistiques. Graviky Labs souhaite néanmoins les commercialiser rapidement.

On espère en tout cas que l’innovation continuera à faire couler de l’encre !

 

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