« Les jardins de la baie » - Grant Associates

La ville peut être d’un naturel désarmant…

La « biophilie » a fait une entrée fracassante dans le vocabulaire des urbanistes, et pour cause : elle offre un point de vue inédit sur la croissance des villes à l’échelle mondiale.

Dans le dictionnaire, on peut lire : « Biophilie : amour de tout ce qui est vivant ». Autrement dit, si vous aimez les animaux et/ou les plantes ; vous promener dans un parc ; aller au zoo, ou prendre soin de l’environnement, alors vous êtes « biophile ». Dit comme ça, ça ressemble plus à un courant New Age qu’autre chose. Et pourtant...

Une vieille histoire

D’après le biologiste américain Edward Osborne Wilson, à l’origine notamment de la notion de biodiversité, ce lien étroit entre l’homme et les autres créatures remonterait à la nuit des temps, et se serait construit au fil de l’évolution des espèces. Nous avons besoin de la nature, puisque nous en sommes issus, autant qu’elle a besoin de nous pour être préservée, mise en valeur, complétée. En ce sens, une ville biophile n’est pas une ville hippie, mais bien une ville qui se développe en prenant en compte, en plus de vous, moi, nos chiens et nos chats, l’ensemble des êtres vivants et de leurs habitats. Et nous savons qu’à l’heure d’une urbanisation massive à l’échelle planétaire, cette perspective est plus que bienvenue...

Les « premières de la classe »

Si vous pensez qu’il s’agit d’une utopie, détrompez-vous. Ceux parmi vous qui connaissent Singapour, par exemple, le savent, car la ville véhicule une politique « verte » à tous les étages : rez-de-chaussée, balcons et autres toits d’immeubles y sont souvent recouverts de plantes. On y trouve même des promenades aériennes...

Photo de Tim Beatley, Projet des Villes Biophiles – Copyrights : Tim Beatley

Photo de Tim Beatley, Projet des Villes Biophiles – Copyrights : Tim Beatley

Même topo à Oslo, où pas moins de deux tiers de la ville sont constitués de forêt protégée. Le réseau piéton, lui, y est particulièrement bien développé, et même l’agencement des routes et gares a été pensé de sorte à faciliter l’accès aux espaces verts. Quant au dernier tiers de la capitale, il fait la part belle aux huit principales rivières qui la parcourent et aux grands espaces.

Pourquoi entretenir la flamme ?

Si Wilson et ses pairs insistent sur l’importance de resserrer les liens avec nos racines naturelles, ce n’est pas simplement par conscience écologique. On ne compte plus les études ayant démontré les effets positifs d’un contact régulier avec la nature : une meilleure santé bien sûr, mais aussi un moral au beau fixe, une plus grande conscience de l’Autre, une augmentation de la sensibilité et de la sociabilité, une connaissance élargie des espèces animales et végétales, et un sens accru des initiatives pour prendre soin de tout ce(ux) qui nous entoure(nt). Pour parler plus simplement, la biophilie implique un profond épanouissement personnel, sur tous les plans. Multipliez cette idée par le nombre d’habitants d’une ville, vous obtenez un mode de vie plus harmonieux, qui n’est d’ailleurs pas plus spirituel qu’utile. Car, que ce soit face à des difficultés économiques ou des catastrophes naturelles, une population biophile se sentira naturellement plus forte, plus apte à réagir. Ce fut le cas par exemple à Christchurch, ville néo-zélandaise qui, suite à une grave série de tremblements de terre en 2011, a trouvé réconfort, énergie et inspiration dans la nature pour se reconstruire.
En conclusion, nous aurions tout intérêt à prendre en compte le concept de biophilie dans l’ensemble de nos démarches pour préserver notre planète.

Pour en savoir plus :

- Découvrez le site officiel des villes dites biophiles.

Image principale : « Les jardins de la baie » - Copyrights : Grant Associates

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