“Poulailler container”, une creation originale de Farmili, crédits : Farmili

Quand les poules picorent nos déchets

En moyenne, une poule absorbe 150 kg de déchets organiques et produit 200 œufs par an. Deux arguments qui ont convaincu de nombreux citadins d’en adopter quelques-unes.

Il y a un nouvel endroit à la mode à Paris, dans l’ancienne gare Ornano de la Petite Ceinture. C’est la REcyclerie, espace culturel, resto-bar, et ferme urbaine, faisant la part belle aux 3R (Réduire – Réutiliser – Recycler). Quand on prend l’escalier en tôle qui mène aux quais, on croise un panneau qui annonce l’arrivée prochaine d’un poulailler. Un poulailler, oui, à quelques mètres seulement de l’un des carrefours les plus fréquentés de Paris et des fameuses puces de Clignancourt.

La poule est une arme anti-déchets ultime !

L’élevage de poules en ville s’est développé aux États-Unis au début des années 2000, où la majorité des agglomérations l’a progressivement légalisé. Par exemple, l’association new-yorkaise Just Food aide des groupes d’habitants du Bronx, du Queens ou de Brooklyn à doter leur jardin communautaire d’un poulailler. En Europe, les cocottes domestiques font l’objet d’un véritable engouement depuis 2010. Des animaux que tout le monde s’accorde à trouver fort sympathiques et sociables, et qui présentent de nombreux avantages. En premier lieu, la possibilité d’avoir des œufs frais tous les jours. Une poule pond environ 200 œufs par an. Au quotidien, elles sont peu contraignantes, leur entretien est facile et elles constituent un bel outil pédagogique pour les enfants. Mais surtout, la poule est une arme anti-déchets ultime ! Elle peut ingérer 150 à 200 kg de déchets organiques par an. Quand on sait qu’en France, un habitant produit en moyenne 288 kg d’ordures ménagères par an, ce n’est pas négligeable. Elle dévore (presque) tout ce dont nous ne voulons pas : restes de nourriture, épluchures, pain dur, coquilles d’œufs et d’huîtres… Tout cela, la poule le transforme en œufs, tandis que ses fientes constituent un excellent engrais naturel. Un vrai petit modèle d’économie circulaire.

En Europe, les communes donnent le la. Dans le cadre de leurs programmes de gestion des déchets, elles sont de plus en plus nombreuses à tenter l’expérience. À Mouscron, en Belgique, deux poules pondeuses sont offertes aux familles volontaires depuis plusieurs années. En mai 2013, une petite ville de la Côte-d’Or (en France) inaugurait un poulailler communal d’une dizaine d’occupantes pour ses 1 050 habitants. Les enfants s’occupent de son entretien et les parents apportent leurs déchets aux gallinacés. En Angleterre, ce sont plusieurs écoles qui possèdent un poulailler. Toutes ces initiatives permettent de mesurer l’impact effectif de cette méthode originale et peu onéreuse de réduction des déchets, tout en sensibilisant les citoyens à cette problématique.

C’est sûr, les citadins n’ont pas fini de couver leurs poules.

Pour en savoir plus :

- Des poules dans son jardin : découvrez les « poulaillers container » de Farmili adaptés pour les « poules urbaines ».
- Ce qu’il faut savoir pour élever des poules dans son jardin
- Poules urbaines : mode d'emploi
- A Chicken on Every Plot, a Coop in Every Backyard

“Poulailler container”, une creation originale de Farmili, crédits : Farmili

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