Rien ne se jette, tout se cuisine

Les bonnes idées pour lutter contre le gaspillage alimentaire ne manquent pas ; Living Circular vous en donne cinq.

Selon une étude de la FAO, « un tiers de la production alimentaire […] est perdue ou gaspillée, atteignant environ 1,3 milliard de tonnes par an ». En Europe et en Amérique du Nord, on jette 95 à 115 kg de nourriture par an et par habitant. Cet énorme gaspillage, c’est aussi un gaspillage des ressources utilisées pour produire les aliments, comme l’eau ou l’énergie, des émissions de CO2 superflues, et une importante quantité de déchets. Producteurs, restaurateurs et consommateurs, nous sommes tous responsables du gaspillage alimentaire. Ce qui signifie que l’on peut tous agir...

Organiser son frigo

Bien organiser votre frigo vous permettra de mieux préserver les aliments. Première chose à faire : répartissez-les en fonction des zones de température. Les denrées périssables, comme les produits laitiers, les œufs et la viande, se placent en haut, là où c’est le plus froid. Les fruits et les légumes se placent ‒ séparément, car certains fruits activent le mûrissement ‒ dans les compartiments du bas. Respectez la règle du « premier entré, premier sorti » en mettant à l’avant les restes et les produits dont les dates limites de consommation sont les plus proches. Ôtez l’emballage carton ou plastique des produits et disposez-les dans des boîtes hermétiques ou du film alimentaire. Enfin, congelez ce que vous ne comptez pas manger rapidement, un poulet acheté le week-end et à préparer en fin de semaine, par exemple.

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Acheter des fruits et légumes moches

40 % de la nourriture produite dans le monde n’est pas consommée. Trop petits ou trop gros, trop tordus ou trop abîmés, les aliments « non calibrés » sont condamnés ‒ dès la récolte pour les fruits et légumes ‒ à être écartés de la vente. Or, vous l’aurez peut-être remarqué, certains supermarchés proposent désormais d’acheter des fruits et légumes « moches ». En France, par exemple, vous pouvez opter pour les barquettes de fruits Les Gueules cassées ; ils présentent des défauts, mais sont propres à la consommation, et vendus (beaucoup) moins cher. Le collectif à l’origine du label, créé « pour signaler et sauver, partout dans le monde, cette nourriture parfaitement bonne et injustement gaspillée », s’apprête à commercialiser ses produits à l’étranger. Bientôt, vous pourrez aussi acheter des biscuits, du fromage, des saucisses et des céréales victimes de leur imperfection.

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Cuisiner les restes et les épluchures

Il est si facile d’accommoder les restes de repas ! Transformer le pain dur en pain perdu délicieux, les fruits trop mûrs en compote et en confiture, les légumes abîmés en soupe, la viande qui dort dans le frigo en gratin… Internet fourmille de bonnes idées et de recettes pour « recycler » ses restes. Des ateliers de cuisine sont même organisés un peu partout. Il en va de même pour les épluchures. Peau, fanes, tiges… Rien ne se jette, tout se cuisine ! Vous pouvez par exemple préparer des chips ou des tempuras avec les peaux de légumes, les ajouter à vos bouillons, ou utiliser les fanes des navets, des radis, du céleri, etc. pour concocter des gaspachos ou des tartes. En plus, vous réaliserez des économies.

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Partager son frigo

Offrir ses restes plutôt que de les mettre à la poubelle, c’est le principe du food sharing, un concept issu de l’économie du don qui permet à la fois de lutter contre le gaspillage et contre la faim. À Berlin, l’association Lebensmittelretten (« Sauveurs de nourriture » en français) a lancé une opération « frigo ouvert ». Chaque jour, des centaines de bénévoles récupèrent les restes ou les invendus consommables dans des supermarchés, des commerces et des restaurants pour les mettre à la disposition de tous dans des frigos disposés dans la capitale allemande. Chacun peut y déposer ou récupérer de la nourriture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’idée s’est répandue dans toute l’Allemagne, mais aussi dans d’autres pays comme en Espagne. Lebensmittelretten a également ouvert le site Foodsharing, qui permet aux particuliers, aux commerçants, aux restaurateurs ou aux producteurs de donner leur surplus alimentaire. Aux États-Unis, l’application LeftoverSwap propose à ses utilisateurs d’échanger leurs restes. Sur le site français Mummyz, on peut vendre ses parts de plats cuisinés en trop… Plus généralement, un peu partout dans le monde, des collectes de restes sont organisées. Bref, les initiatives sont nombreuses et vous pouvez y participer dès maintenant !

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- Le food sharing
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Demander un doggy bag

Le doggy bag, c’est l’emballage dans lequel le client d’un restaurant peut emporter les restes de son repas. Une pratique très répandue dans les pays anglo-saxons, en particulier aux États-Unis, mais marginale en Europe. Face à l’énorme gaspillage alimentaire de la restauration traditionnelle, certains pays comme la France ou l’Italie tentent de promouvoir le doggy bag. Cependant, si la plupart des consommateurs y sont favorables, peu osent le demander. Pour surmonter les préjugés, plusieurs start-up, associations et collectivités proposent aux restaurateurs et aux clients des packagings alimentaires élégants. Alors n’hésitez-pas, demandez votre doggy bag, tout le monde y gagnera !

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