Rien ne se perd, tout se troque

Un iPad contre un canapé, une robe contre un jeu vidéo, ou un trombone rouge contre… une maison. Ne jetons plus, troquons nos trucs !

Nous sommes en 2005. Kyle MacDonald contemple son bureau et remarque un petit trombone rouge tordu. Et s’il échangeait ce trombone contre une maison ? Il se donne un an pour y arriver et, de troc en troc, il y parvient ! Aujourd’hui, Kyle est l’heureux propriétaire d’une belle maison à Kipling, au Canada. Cette expérience incroyable montre le potentiel du troc. Longtemps considéré comme archaïque, le numérique et la consommation collaborative lui donnent un nouvel essor. Un moyen de consommer autrement, en sortant du schéma classique acheter/jeter.

Monnaie de singe

Les bourses de troc en ligne ont facilité les contacts, la recherche d’objets et les négociations entre internautes. Les échanges, souvent locaux, peuvent se faire en mains propres. Swapz ou GchangeTout permettent ainsi de troquer ses livres, DVD, vêtements, etc. Les membres créent des listes d’objets qu’ils proposent et recherchent ceux qu’ils aimeraient recevoir en échange. Certaines de ces plateformes ont mis en place des systèmes de points. Depuis 2005, le portail français consoGlobe propose d’échanger sur digiTroc. Une fois que son offre a trouvé preneur, l’utilisateur reçoit des points qu’il peut utiliser pour acquérir l’objet de son choix. Ces points créent un troc multilatéral, qui permet d’échanger avec les milliers de personnes de la communauté. Le credo : ne jetons plus !

Ici, le succès se compte en nombre d’objets détournés des décharges.

Déshabille-toi

Swapsity ne propose pas de fausse monnaie, mais des « matches ». On y échange des biens, mais aussi des services. « Nous avons vu des membres troquer une rénovation de cuisine contre une voiture, des légumes bio contre du web design. ». On n’est pas si loin du trombone contre la maison, finalement. Le troc IRL (in real life) n’est pas en reste, tant sa dimension sociale est importante, et des manifestations ont lieu un peu partout dans le monde. La joyeuse équipe SWAP organise par exemple Déshabille-toi, un échange de vêtements géant à Montréal. Les participants laissent leurs articles dans un point de dépôt. Ils reçoivent ensuite des jetons dont ils pourront se servir pour acquérir de nouveaux vêtements le jour J. Ici, le succès se compte en nombre d’objets détournés des décharges. Déshabille-toi a essaimé dans plusieurs villes au Canada et aux États-Unis.

Super trocs

MyRecycleStuff se présente non pas comme une bourse, mais comme un réseau social de « troc circulaire ». Grâce à un super algorithme, des « super trocs » entre plusieurs personnes sont organisés toutes les semaines. « MyRecycleStuff modernise le troc et en fait un jeu social qui va très vite et qui se joue à deux ET à plusieurs. ». Depuis sa création en septembre 2013, le site français a rassemblé 5 000 troqueurs actifs et une communauté de 15 000 personnes !

C’est ça, le nouveau visage du troc. S’inscrivant dans la sharing economy, il est repensé par une génération de citoyens conscients de leur impact sur l’environnement et affranchi de ses contraintes traditionnelles grâce à Internet. C’est écologique et économique, bien sûr, mais c’est aussi très fun. Aujourd’hui, rien ne se perd, tout s’échange. Vraiment tout.

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