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Un fleuve propre, le nouveau défi des smart cities

Dépolluer un fleuve pour permettre aux citadins de s’y baigner ? Cela peut sembler loufoque, c’est pourtant le défi environnemental et urbain que plusieurs villes se sont fixé.

« Dans cinq ans, on pourra à nouveau se baigner dans la Seine. » Plus de vingt ans après cette célèbre promesse de Jacques Chirac – qui briguait alors un troisième mandat à la mairie de Paris en 1988 –, il est interdit de se baigner dans la Seine à Paris. Néanmoins, d’autres villes d’Europe et des États-Unis sont en train de reconquérir leur fleuve à grand renfort d’opérations de dépollution et d’aménagement urbain. Voici trois projets à suivre de près.

Filtrer l’eau de l’East River grâce à une piscine flottante

Inspirés par l’exemple de Copenhague, des architectes new-yorkais ont conçu une piscine flottante qui filtrerait l’eau de l’East River « comme une passoire géante », afin de la débarrasser de toute bactérie ou polluant. Baptisé + Pool, le dispositif pourrait nettoyer près de 2 millions de litres d’eau chaque jour selon ses inventeurs qui ont mis à disposition de leurs concitoyens un tableau de bord mesurant la propreté des eaux de la baie en temps réel. Plébiscité via une plateforme de crowdfunding, le projet intéresse aussi le cabinet de conseil en ingénierie Arup. Les prototypes de filtres sont en phase de test et la + Pool devrait être prête en 2017.

+ Pool à New York
Crédits : The Office of PlayLab, Inc.

Sauver la Tamise grâce à un « super-égout » à Londres

Outre-Manche, la bête noire de la Tamise est un réseau d’égouts datant de l’ère victorienne qui déborde fréquemment en cas de pluie et déverse des litres d’eaux usées dans le fleuve (l’équivalent de 8 milliards de chasses d’eau chaque année). Pour y remédier, un projet de « super-égout » vient d’être adopté par la mairie londonienne. À partir de 2023,  un tunnel de 25 km parcourra la ville d’est en ouest pour collecter les eaux usées et les acheminer vers un centre de traitement. De quoi rendre la Tamise plus claire et inspirer les architectes locaux. Le studio Octopi, du très sérieux collectif Thames Baths, projette de créer des bassins naturels dans lesquels la faune et la flore pourront reprendre leurs droits.

Une vague de changement à Rotterdam

À Rotterdam, un canal va devenir une aire de loisirs aquatiques dès l’été 2015. On pourra y surfer sur une vague artificielle d’1,5 mètre, faire du kayak, du bodyboard ou tout simplement se baigner. Le projet RiF010 a remporté le concours organisé par la mairie pour redynamiser le centre-ville. En plus de son aspect récréatif, la vague artificielle – une technologie 100 % verte développée par l’université de Delft – permettra de purifier l’eau du canal grâce à des filtres à micro-tamis. De plus, les recettes de ce parc aquatique financeront la construction d’éoliennes.

Ces villes sont loin d’être des exemples isolés : Helsinki, Montréal, Reykjavik et Dublin, pour en citer quelques-unes, rêvent aussi d’un fleuve ou d’un port totalement dépollué. Les citoyens européens se mobilisent chaque année lors du Big Jump en plongeant dans des lacs, des rivières, des mers, afin d’attirer l’attention de leurs dirigeants sur cette question environnementale. Rendez-vous dans l’eau le 12 juillet prochain !

En savoir plus :

- La page Facebook du Laboratoire des baignades urbaines expérimentales
- Le site du collectif Thames Baths à Londres
- Le projet + Pool à New York
- Le projet RiF010 à Rotterdam

 
 
 

Image principale : © Studio Octopi / Picture Plane

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