Vous ne verrez plus vos voisins comme avant

Compostage partagé, espaces collectifs, Accorderies… Voici quelques idées pour développer l’économie circulaire chez vous et dans votre quartier.

L’économie circulaire se déploie localement, au sein des territoires. Une multitude d’initiatives de proximité essaiment un peu partout dans le monde et favorisent, en plus d’un engagement individuel, un engagement collectif et de nouvelles formes de voisinage. Alors, que ce soit chez vous ou dans votre quartier, voici quelques idées pour entrer dans le mouvement.

Composter en bande organisée

Un Français produit environ 350 kg d’ordures ménagères par an, dont 30 à 40 % de déchets organiques. Imaginez la quantité de biodéchets qui pourrait être valorisée si un immeuble tout entier se mettait au « compostage partagé »… Selon l’Ademe, il s’agit de « toutes les opérations de compostage de proximité (pied d’immeuble, quartier, village), dans lesquelles les habitants prennent en charge tout ou partie de l’installation et de la gestion de leur site ». En Europe, les premiers sites se sont développés à partir des années 1980. Aujourd’hui, de nombreuses associations et collectivités soutiennent ce type d’initiatives.

Depuis 2010, la ville de Paris propose par exemple à tous les immeubles, institutions et établissements publics une formation et un accompagnement par des spécialistes. Elle fournit même le matériel ! Fin 2014, 144 copropriétés, 91 écoles et 23 établissements publics s’étaient engagés à valoriser leurs biodéchets en compost, permettant ainsi, selon la mairie de Paris, de valoriser 30 kg de déchets par habitant et par an.

Si l’aventure vous tente, sachez qu’il vous faudra respecter quelques conditions et règles de mise en œuvre et de suivi, mais aussi faire preuve de motivation et d’un bon sens de l’organisation pour sensibiliser vos voisins et créer une véritable dynamique autour du projet.

--> Guide du compostage partagé réalisé par l’Ademe
 

Laver son linge sale entre voisins

Dans les nouveaux immeubles, les espaces partagés se développent. Buanderies communes, jardins collectifs, espaces de coworking et même autopartage… Une mutualisation qui favorise de nouvelles formes de voisinage et s’inscrit dans une évolution des modes de vie, davantage axés sur l’usage et le partage. Il ne s’agit pas forcément de déménager dans la résidence Machu Picchu de Lille. Vous pouvez initier, dans votre voisinage, des pratiques d’entraide et de partage ‒ des appareils électroménagers ou du matériel de jardin notamment. Retenez par exemple que le temps moyen d’utilisation d’une perceuse durant toute sa durée de vie serait de douze minutes !

« L’optimisation de l’utilisation des objets permet de satisfaire les besoins du même nombre d’utilisateurs, mais en réduisant le nombre d’objets en circulation, explique le Cniid. On réduit ainsi la pression sur les ressources naturelles nécessaires pour produire ces objets ainsi que la quantité de déchets produits, en amont au cours du processus de production, et en aval à la fin de vie des produits. »

--> Guide de la consommation collaborative

Entrer dans le cercle

Partout, une multitude d’actions collectives de proximité émergent. Prendre part à l’économie circulaire dans votre quartier, c’est d’abord être curieux de ces initiatives locales ! C’est connaître, par exemple, le réseau (parfois très dense) de structures qui opèrent près de chez vous pour donner une seconde vie à vos déchets, ou les bonnes adresses pour un mode de vie zéro déchet.

Parmi ces initiatives locales, vous pourrez par exemple :

- Vous rendre dans un Repair Café pour apprendre à réparer vos objets.
- Participer à Disco Soupe, « un mouvement solidaire et festif qui s’approprie l’espace public et le rebut alimentaire pour sensibiliser au gaspillage alimentaire ».
- Expérimenter un nouveau mode de production collaboratif dans un fab lab, atelier de fabrication numérique où des outils sont mis à disposition du public.
- Donner votre vieil ordinateur à Emmaüs France, ou l’échanger avec Eco-systèmes.

Accorder ses violons

Votre ressource la plus précieuse est le temps ! Née au Québec en 2002, l’Accorderie se réclame d’une « économie collaborative de solidarité ». Elle met en place un système d’échanges de services, dont la monnaie est le temps, son objectif étant de combattre la pauvreté et l’exclusion sociale en renforçant les solidarités entre habitants d’un même quartier.

Chaque Accordeur met à la disposition des autres ses compétences et son savoir-faire ; il peut proposer des conseils pour cuisiner, des leçons de langue, une aide aux tâches ménagères, etc. Ce faisant, le temps passé est comptabilisé dans une banque de temps selon le principe « une heure de service rendu vaut une heure de service reçu », quels que soient le service rendu et les compétences exigées. Il peut ensuite utiliser ce crédit pour profiter de services proposés par d’autres Accordeurs.

Implanté en France sous l’égide de la Fondation Macif, le mouvement a rapidement pris son essor sur l’ensemble du territoire national. En 2016, le Réseau basé à Paris, c’est déjà : 29 Accorderies, plus de 8 000 Accordeur-es et plus de 30 000 heures échangées.

--> Choisir son Accorderie

Et vous, quelles sont vos idées pour un mode de vie plus circulaire ?

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