L’art et la manière
de mesurer le bonheur

« Le PIB mesure tout, sauf ce qui donne de la valeur à la vie », disait Robert Kennedy en 1968. Nic Marks a donc imaginé un indice qui mesure le bien-être durable.

Comment quantifie-t-on le bonheur ? Dans son Indice de Planète Heureuse, Nic Marks prend en compte trois variables. Le bien-être vécu, l’espérance de vie et l’empreinte écologique.

Selon lui, la plupart des indices qui mesure aujourd’hui le progrès, comme le PIB, ne prend en compte que l’activité économique : ce que nous produisons et ce que nous consommons. Il explique que ce mode de calcul est dépassé et ne permet pas d’évaluer le bien-être des peuples. Il a donc imaginé un classement alternatif, le Happy Planet Index, et un indice statistique qui mesure ce qui compte vraiment dans une société : le bonheur, présent et futur, des personnes qui la composent.

Une conférence TED de Nick Marks de 2010, où il présente l’Happy Planet Index (anglais sous-titré français)

Il existe déjà un certain nombre d’outils de ce type. L'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se fonde sur trois critères principaux : l'espérance de vie, le niveau d'éducation, et le niveau de vie. Le produit intérieur doux, l'indice de bien-être durable et l'indicateur de progrès véritable introduisent les activités non marchandes dans le calcul de la richesse nationale. Ces deux derniers prennent même en compte les coûts environnementaux.

Ainsi, Nic Marks promeut un véritable équilibre entre le développement durable et la qualité de vie. Il considère que le but ultime d’une nation est de créer des vies heureuses pour ses citoyens, sans, pour ce faire, surexploiter les ressources de la planète, ce qui se révèlerait contre-productif à long terme. Le critère de la quantité de ressources utilisées est donc au cœur de son indice.

Résultat : les pays riches qui consomment la majorité des ressources de la planète n’arrivent pas en tête du Happy Planet Index, quand bien même ils seraient réputés pour leur modèle social (ex. : le Danemark). En fait, c’est un pays d’Amérique Latine, le Costa Rica, qui se hisse à la première place dans ce classement. Surprenant, non ? Et bien sachez que les costaricains vivraient plus longtemps et mieux que les américains avec une empreinte écologique trois fois inférieure (ils arrivent deuxième sur l’ensemble du continent américain en termes d’espérance de vie).

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